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Alexandre 
d'Huy

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Né en 1979, il s’inscrit en arts plastiques à la Sorbonne, puis intègre les Beaux-Arts de Paris,

dont il sort diplômé en 2007.

 

Son travail se nourri à la fois par des souvenirs d’enfance et par une fascination pour les engins

militaires. Il en découle une peinture descriptive de ces machines, mais aussi des images, plans et

cartes produits par les états-majors et leurs technologies associées : gros plans de chars, d’hélicop-

tères, d’avions de combat, de véhicules blindés, mais également vues de drones, horizons artificiels,

systèmes de guidage divers et explosions de missiles.

 

Ainsi, Alexandre d’Huy peint les dispositifs guerriers comme des motifs, déployant une multitude de procédés plastiques pour rendre compte de ces images. Une vue aérienne d’une zone bombardée devient un dripping d’encre de Chine encadré de données topographiques. Un hélicoptère de combat vu en trois-quarts se transforme en polyptyque quasi abstrait fait de camaïeux gris.

 

Les formes sont à la fois étranges et familières, les traitements oscillent entre flou gaussien et

hyperréalisme. On sent chez l’artiste une mémoire de la peinture, de Manet à Tal Coat, d’Eugène Leroy à Gerhard Richter. Les motifs se pixelisent lorsqu’ils traduisent l’information numérique.

Des aplats géométriques fragmentent l’image quand il s’agit de systèmes de camouflage. La touche, tantôt dense et rugueuse, devient ailleurs aqueuse, délibérément expressionniste. Ses tableaux touchent à la tradition du paysage tout en relevant, de fait, de la nature morte, artificielle et numérique.

 

Loin de glorifier les armes et les images de conflits, son œuvre les expose telles qu’elles sont : des

objets ambivalents, à la fois étranges, effrayants et fascinants. Zone grise par définition, elles

doivent être peintes pour être véritablement vues, afin de restituer ces formes qui se camouflent

pour tuer, qui intimident autant qu’elles rassurent les troupes.

 

Dans ses séries récentes, l’artiste brouille encore davantage l’image : il représente des machines

militaires recouvertes de fleurs et de feuillage, semblables à des ruines réinvesties par la nature,

créant un all-over entre toile impressionniste et ghillie suit. Une peinture de l’invisible, travaillant sur des formes qui cherchent à disparaître. D’autres dessins sont quant à eux déchirés puis ré-assemblés, formant des quadrillages imparfaits, ils concentrent le rapport de l’artiste à ces

machines de mort.

 

Son œuvre, en constante mutation, se veut moins prescriptive que descriptive, toujours expérimentale.

 

Elle cherche à restituer ces couleurs et ces formes étranges qui nous assaillent, images de guerre

devenues paysages mentaux de notre époque.

 

Damien Levy

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