L'EXPOSITION
Du 20 novembre au 19 décembre 2026
Vernissage le vendredi 20 novembre, de 18 h à 21 h.
Pour sa première exposition personnelle à la Galerie Idéale, Bérénice Mayaux présente Overflow. Après une dizaine d’années consacrées à la peinture abstraite, cette exposition marque un moment d’aboutissement : celui d’un langage arrivé à maturité, porté par une volonté d’expérimentation constante.
Ses peintures nous entraînent dans un monde instable, coloré, étrange, au croisement de l’abstraction et d’une certaine forme de surréalisme. Elles évoquent autant des paysages que des objets industriels, des gros plans sur des instruments de musique ou des machines, des organismes observés au microscope. Entre l’organique et le mécanique, le macroscopique et le microscopique, les échelles se confondent. Une forme paraît familière, puis se transforme dès que le regard emprunte un autre chemin.
Cette œuvre compose une synthèse savante et libre de plusieurs histoires de la peinture. On peut y retrouver les rapports entre rythme, couleur et espace explorés par Kandinsky et Paul Klee, la puissance chromatique de l’abstraction américaine, les vibrations de l’art optique de Vasarely. Le surréalisme affleure dans la rencontre de formes ambiguës et dans cette façon de donner une présence presque tangible à des espaces irréels. Ces héritages se mêlent à une curiosité pour les sciences et l’architecture. Bérénice parle de « fermentation » : une lente maturation des expériences, des connaissances et des images. Le dialogue avec Philippe Mayaux, son mari, participe aussi de cette circulation des idées, entre deux univers distincts que rapprochent le goût de l’étrange et la liberté d’invention.
Formée au design, Bérénice construit ses tableaux avec rigueur, puis en trouble les perspectives et les équilibres. Les courbes s’enroulent, les plans se traversent, les volumes semblent avancer ou se creuser. La couleur agit sur ces mouvements : un dégradé ouvre une profondeur qu’un contraste vient interrompre. L’œil cherche ses repères, les perd, les retrouve ailleurs. Cette expérience a quelque chose de physique, jusque dans le souvenir de la gymnastique pratiquée par l’artiste et des sensations de déplacement dans l’espace.
Overflow donne un nom à cette énergie qui déborde. Les formes semblent se poursuivre au-delà du tableau ; avec Unbound, la découpe du support engage jusqu’à son contour. Le regard se trouve pris au milieu d’un espace dont il ne perçoit plus les limites.
La netteté des lignes, la finesse des dégradés et l’intensité des couleurs donnent à ces peintures une apparence parfois si irréelle qu’on pourrait les croire produites par ordinateur. Bérénice les peint pourtant avec une minutie et une délicatesse remarquables. De cette facture patiente naissent des visions mouvantes, presque hallucinatoires. La maturité de son travail tient aussi à cela : une maîtrise capable de donner forme à ce qui nous échappe.
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